DOMINIQUE, COMMENT EST NÉE L’IDÉE DU CONGRÈS EN 2014 ?
« Il manquait un lieu pour rassembler ces dirigeants qui ont tous la même mission. »
D’abord sur un constat : l’Allemagne est un pays qui apprécie l’organisation, la représentativité, ce qui se traduit par un nombre très important d’associations, de fédérations, de syndicats, de manifestations, etc… Or, avant le CONGRÈS, et malgré le poids économique important des investissements français en Allemagne (plus de 4.000 filiales françaises qui emploient au moins 350. 000 salariés en Allemagne) aucun événement ou organisation nationale ne rassemblait cette communauté de dirigeants. Lors d’une réunion de CCE chez Business France, Monsieur Maurice Gourdault-Montagne, alors Ambassadeur de France à Berlin regrettait l’absence d’une telle manifestation et m’a demandé de réfléchir à un concept.
Ensuite, sur une réalité : tous les dirigeants de filiales, Allemands ou Français ont la même mission ! Concilier les attentes de leur maison mère française avec les exigences spécifiques du marché allemand. Ils ont donc des besoins communs et des expériences à partager qui dépassent les différences de chaque activité ou taille de filiale.
Et enfin, parce que ces dirigeants de groupes et de filiales qui évoluent entre les deux pays sont nos interlocuteurs quotidiens. Avec mon associé Dr. Christophe Kuehl et toutes les équipes du groupe www.vif-solutions.com nous les conseillons et nous les accompagnons depuis plus de 25 ans. Nous les connaissons et comprenons leurs besoins.
POURQUOI AVOIR CHOISI COLOGNE COMME LIEU DU CONGRÈS ?
« Cologne la ville de Konrad Adenauer et du Thalys. »
L’Allemagne est un pays profondément décentralisé. Il nous semblait essentiel de rester ancrés dans les régions, au plus près du tissu économique et des filiales.
La Rhénanie-du-Nord–Westphalie concentre à elle seule plus de 25 % des filiales françaises en Allemagne. Après une édition exceptionnelle en 2025 à Düsseldorf dans la filiale de L’Oréal, le Congrès reviendra à Cologne en 2026, invité par le Maire qui nous recevra à l’Hôtel de ville.
DES DÉFIS ET DE L’IMPRÉVU - QUEL A ÉTÉ LE MOMENT LE PLUS INQUIÉTANT ?
« Une bombe de la seconde guerre mondiale. »
La principale crainte d’un organisateur d’évènement est tout simplement que le public ne réponde pas présent ! Mais dès la première édition en 2014, près de 100 dirigeants sont venus et ont souligné la qualité et la simplicité des échanges.
L’imprévu c’est l’épisode de 2017 : quelques minutes après l’ouverture du Congrès, tous les accès routiers autour de nous ont été bloqués pendant plusieurs heures pour permettre le désamorçage d’une bombe datant de la Seconde Guerre mondiale. À quelques minutes près, l’événement n’aurait tout simplement eu ni congressistes, ni intervenants.
DES INTERVENANTS ET DES PARTENAIRES POUR ÉCLAIRER… ?
« … et des congressistes qui pendant une journée ont le droit de ne plus être dirigeant »
Nous avons eu la chance d’accueillir des intervenants marquants notamment Daniel Cohn-Bendit, Armin Laschet, Martin Schulz, Arnaud Montebourg, plusieurs ministres en fonction, tous nos Ambassadeurs (Philippe Etienne, Anne-Marie Descôtes, Francois Delattre…) ou encore Robert Habeck l’année dernière.
Côté entreprises, certaines interventions ont particulièrement marqué les esprits, comme celle d’Alexandre Arnault en 2017 sur l’acquisition de Rimowa par le groupe LVMH.
Notre souhait est de croiser les regards de responsables politiques, d’économistes reconnus (Marcel Fratzscher ou Patrick Artus), d’industriels petits ou importants comme Air liquide, Total Energie, Airbus, L’Oréal, Renault ou Stellantis, …avec des voix différentes de philosophes, de responsables ecclésiastiques ou encore de journalistes. Des regards expérimentés ou nouveaux, capables de bousculer les certitudes et d’ouvrir de nouvelles perspectives sur notre vielle Europe et la force de notre coopération.
Pour les congressistes les échanges doivent se faire naturellement sans logique mercantile. Le Congrès n’est pas fait pour ça !
EST-IL DÉJÀ ARRIVÉ QU’UN INTERVENANT ANNULE AU DERNIER MOMENT ?
Les plus imprévisibles, ce sont les politiques en fonction. Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie devait intervenir à Cologne en 2015. Au dernier moment, nous avons obtenu seulement son parrainage puisqu’il il devait prendre l’avion présidentiel pour accompagner le Président le jour du Congrès.
QUEL EST LE PROGRAMME 2026 ?
« Force de la résilience et défense »
La prochaine édition qui se déroulera le 17 septembre à la mairie de Cologne s’articulera autour d’un thème central. Après la Désirabilité en 2025, le fil rouge du Congrès 2026 sera la force de la résilience.
Résilience industrielle, pour préserver la souveraineté économique. Résilience humaine, indispensable pour les dirigeants dans un contexte incertain ou ils doivent tous les jours prévoir. Une force de résilience qui doit affronter 3 transformations majeures :
- La transformation géopolitique avec un ordre mondial différent
- La transformation énergétique
- La transformation numérique avec l’IA
Comme chaque année, nous présenterons un dossier complet sur un secteur d’activité particulier. Cette année ; les investissements français en Allemagne dans le secteur industrielle de la défense.
FINALEMENT, DOMINIQUE, COMMENT VOIS-TU L’AVENIR DU FRANCO-ALLEMAND ?
« Aussi indispensable que fragile »
L’idée de la fin du 20ème siècle de construire une Europe fortement intégrée a laissé place à une réalité plus nuancée. Les dynamiques nationales et toutes tentatives d’uniformisation provoqueraient aujourd’hui à la fois des résistances et aussi des effets extrêmes contraires, capables de faire éclater cette fragile construction.
Il semble donc important de respecter les nations, de célébrer les relations et d’entretenir la simplification des échanges. Comme le disaient Konrad Adenauer et le Général De Gaulle : il est important d’arroser tous les matins la petite rose du franco-allemand !
A son niveau, le Congrès entend continuer à jouer son rôle pour entretenir une relation franco-allemande fraiche et désirable.